Immobilier : “les prix ne peuvent pas s’effondrer”, selon le président de la Fnaim




Quel est l’impact du confinement sur les ventes immobilières ?

Jusqu’au 15 mars, nous étions sur une activité très dynamique, avec une pénurie d’offre de logements dans certaines villes. Nous prévoyions alors un rythme de 950.000 ventes pour cette année. Mais aujourd’hui, nous sommes à une période de non-marché. Je ne crois pas que beaucoup de ventes ou de constructions se réaliseront dans les 15 prochains jours. Pour autant, nous n’observons pas une vague de désengagement sur les promesses de vente, ou d’annulation. Il reste toujours possible de préparer son projet immobilier : les agents même confinés demeurent joignables. Nous réfléchissons d’ailleurs avec les notaires et les services de l’Etat à la mise en place de nouvelles solutions pour que les transactions puissent continuer à se faire à distance dans les prochaines semaines. C’est important pour la trésorerie de nos entreprises, mais aussi pour les émoluments des notaires eux-mêmes.


Dans ce contexte, les prix de l’immobilier peuvent-ils baisser ?


Cela dépendra de la rapidité d’ajustement du marché. Si les retraits des offres correspondent à l’apathie de la demande des acheteurs, je ne crois pas à l’effondrement des prix. Et certainement pas à une baisse dans le sens éclatement d’une bulle. En effet, si l’on met de côté les dix plus grandes métropoles, la plupart du temps, les prix ont stagné, voire baissé ces cinq dernières années. Notamment dans les 28.000 communes rurales, mais aussi dans les agglomérations de tailles intermédiaires. En euros constant, on peut même dire que les prix ont plutôt baissé. La “bulle” immobilière ne peut donc pas exploser, puisque nous n’étions pas du tout dans une bulle immobilière ! Par ailleurs, c’est dans les grandes villes, où les prix ont le plus explosé ces dernières années, que le marché pourrait reprendre le plus vite. Historiquement, en période de crise comme nous avons connu en 2007, mais aussi en 2001 et au début des années 90, nous avons rarement vu une surabondance d’offres par rapport à la demande. C’est pourquoi l’effondrement des prix n’est pas le scénario que je privilégierais.

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